La pubalgie fait partie des blessures les plus redoutées par les sportifs. Chez les footballeurs en particulier, elle s’installe souvent en silence et peut éloigner l’athlète des terrains pendant plusieurs mois. Découvrez ici ce qu’est réellement la pubalgie chez les footballeurs, pourquoi elle touche autant les joueurs, comment la soigner efficacement et comment éviter qu’elle ne ruine une saison entière.
Qu’est-ce que la pubalgie ?

La pubalgie est une douleur qui se manifeste au niveau de la région pubienne, c’est-à-dire entre le bas-ventre et le haut des cuisses. C’est la résultante d’un déséquilibre entre les muscles abdominaux et les adducteurs, deux groupes qui exercent des forces opposées sur le bassin.
Lorsque ces muscles sont trop sollicités ou mal coordonnés, la jonction pubienne subit des tensions répétées. Au final, cela provoque l’inflammation, des microdéchirures ou l’irritation tendineuse. On explique d’ailleurs à travers ce guide complet ce qu’est la tendinopathie.
Chez le footballeur, la zone pubienne est particulièrement vulnérable. En effet, chaque tir, changement de direction, accélération ou duel met à contribution les adducteurs et les abdominaux. À force de répétition, la structure s’affaiblit. On distingue généralement trois types de pubalgie :
- la pubalgie pariétale qui touche la paroi abdominale ;
- celle qui concerne les tendons des adducteurs ;
- et la forme mixte où les deux zones sont atteintes simultanément.
Si la douleur n’est pas toujours immédiate, elle finit par s’installer durablement et peut devenir vraiment gênante même au repos. Ce qui semblait être une simple contracture peut alors évoluer vers une véritable blessure structurelle.
Pourquoi les footballeurs sont-ils particulièrement concernés ?
Même si on ne le remarque pas souvent de l’extérieur de la pelouse, le football sollicite le corps dans toutes ses dimensions. Pour pratiquer ce sport, il faut de la vitesse, de la puissance, de l’explosivité, de la coordination et de l’endurance.
Mais c’est aussi un sport d’asymétries. La plupart des joueurs ont une jambe dominante, ce qui entraîne des déséquilibres musculaires. Par exemple, le geste du tir combine une flexion brusque du bassin, une contraction abdominale violente et une extension de la jambe.
Cet enchaînement répété des centaines de fois par semaine met à rude épreuve la zone pubienne. À cela s’ajoute l’enchaînement des matchs, les terrains durs, les chaussures inadaptées et parfois un manque de récupération.
Ces facteurs aggravent les tensions musculaires. Chez les jeunes joueurs en pleine croissance, la fragilité du bassin accentue encore ce risque. Même les professionnels ne sont pas épargnés. Lors du classico aller de la saison 2025, on a bien remarqué que Lamine Yamal, le jeune prodige du FC Barcelone, n’était pas à 100 % de ses capacités.
Touché par une pubalgie, il semblait gêné dans ses déplacements. Cet exemple illustre bien le poids de cette blessure. En réalité, elle ne se voit pas, mais elle peut suffire à faire basculer le niveau de performance d’un joueur, même au plus haut niveau.
Quels sont les symptômes de la pubalgie chez les footballeurs ?
La pubalgie s’installe souvent de manière insidieuse. Au départ, il s’agit d’une gêne légère dans la région de l’aine ou du bas-ventre. En règle générale, les joueurs ressentent cette douleur après l’effort. Puis, petit à petit, la douleur se renforce, devient plus localisée et apparaît dès l’échauffement.
Le joueur ressent un tiraillement à l’intérieur de la cuisse, une tension dans le bas-ventre, parfois une brûlure diffuse sur le pubis. Ces signes sont caractéristiques d’une surcharge mécanique du bassin. Certains continuent à jouer malgré tout et espèrent que la douleur passera.
La vérité c’est que c’est une erreur à ne pas commettre. La pubalgie ne guérit pas seule. Plus on retarde la prise en charge, plus elle devient chronique. Au fil des semaines, la douleur peut même se propager vers les abdominaux ou les cuisses. Résultat, la course, la frappe ou le simple changement d’appui devient extrêmement douloureux.
Le diagnostic repose sur l’examen clinique réalisé par un médecin du sport, souvent complété par une échographie ou une IRM. Ces examens permettent de déterminer l’étendue de la lésion et d’exclure d’autres pathologies comme une hernie inguinale.
Comment traiter la pubalgie chez les footballeurs ?

Contrairement à une entorse ou une fracture, la pubalgie ne se soigne pas avec un simple bandage ou une attelle. C’est une blessure multifactorielle qui nécessite une prise en charge globale.
Le repos total comme premier traitement de la pubalgie chez les footballeurs
Le traitement repose d’abord sur un repos sportif total. Il faut stopper toute activité qui sollicite le bassin. Le joueur doit éviter les matchs, les exercices de frappe et le renforcement intensif. Cette phase de repos dure généralement entre trois et six semaines selon la gravité de la blessure.
L’étape de la rééducation fonctionnelle
La deuxième étape du traitement est celle de la rééducation fonctionnelle. Elle doit être dirigée par un kinésithérapeute spécialisé dans le sport. Le travail débute par des exercices doux. L’objectif ici est triple :
- détendre la zone ;
- réduire l’inflammation ;
- et restaurer la mobilité du bassin.
Progressivement, le kiné introduit des exercices de gainage abdominal profond, de stabilisation pelvienne et de renforcement des adducteurs. L’objectif est de rétablir l’équilibre entre les forces qui tirent sur la région pubienne.
Cette rééducation est souvent accompagnée de séances de cryothérapie ou d’ondes de choc, selon le protocole médical. Ces techniques favorisent la cicatrisation des tissus et diminuent la douleur. Dans certains cas, des anti-inflammatoires peuvent être prescrits pour soulager la phase aiguë, mais ils ne doivent jamais remplacer le travail musculaire.
La phase de reprise progressive
La phase de reprise marque le retour progressif au terrain. Le joueur reprend la course, les appuis dynamiques, puis les exercices spécifiques au football comme les passes, les accélérations et les frappes. Chaque étape doit être validée par le kiné et le médecin, car une reprise trop rapide entraîne presque toujours une rechute.
Quel est le rôle de la rééducation dans le processus de traitement de la pubalgie ?
La rééducation est le cœur du traitement de la pubalgie. Mais attention, il ne s’agit pas seulement de renforcement ici. Il faut carrément réapprendre au corps à bouger correctement. Le joueur doit retrouver un équilibre entre le haut et le bas du corps, entre la force et la souplesse.
Le kinésithérapeute corrige les mauvaises postures, améliore la stabilité du bassin et enseigne des exercices de prévention. Le travail de gainage est fondamental. L’objectif ici est de cibler les muscles profonds qui stabilisent le tronc.
En parallèle, les adducteurs doivent être étirés et renforcés pour mieux supporter les contraintes. Ces séances sont souvent longues et exigeantes, mais elles conditionnent la guérison complète. Par-dessus tout, il faut comprendre que la patience est la meilleure alliée du joueur.
Beaucoup rechutent parce qu’ils reprennent trop vite, dès la première absence de douleur. Pourtant, même si la gêne disparaît, la zone reste fragile pendant plusieurs semaines. En reprenant la compétition trop tôt, vous prenez le risque de repartir à zéro. Le mot d’ordre est donc simple : ne brûlez pas les étapes.
Comment prévenir efficacement la pubalgie chez les footballeurs ?
L’adage « prévenir vaut toujours mieux que guérir » est particulièrement vrai pour la pubalgie. La prévention passe notamment par :
- une préparation physique adaptée ;
- une bonne hygiène musculaire ;
- et une écoute attentive de son corps.
Avant chaque entraînement, prenez le temps de bien échauffer la zone pelvienne. Un échauffement efficace ne se résume pas à quelques tours de terrain. Il doit inclure des mouvements d’ouverture de hanches, de légères accélérations, des rotations de bassin et des exercices d’activation des adducteurs.
Le renforcement musculaire régulier est un autre pilier essentiel. Travaillez les abdominaux profonds, les fessiers et les muscles stabilisateurs. Ces exercices permettent de mieux répartir les forces lors des frappes et des changements d’appui.
La souplesse joue également un rôle essentiel : un muscle raide tire davantage sur ses attaches. Prenez le temps de vous étirer après chaque séance d’entraînement afin de maintenir l’équilibre musculaire.
Il est aussi important de contrôler la charge de travail. Les footballeurs amateurs ont souvent tendance à enchaîner les matchs, les tournois et les entraînements sans repos. C’est désormais pareil même au haut niveau parce que le nombre de matchs par saison a considérablement augmenté.
Avec la multiplication des compétitions et les calendriers chargés, il y a très peu de temps de repos entre les matchs. Or, la fatigue musculaire altère la coordination et augmente les risques de blessure.
Accordez-vous des périodes de récupération, dormez suffisamment et hydratez-vous correctement. Le corps d’un sportif performant est celui qui sait alterner effort et repos.
Enfin, l’équipement ne doit pas être négligé. Des chaussures usées ou des crampons mal adaptés modifient les appuis et augmentent les contraintes sur le bassin. Veillez à porter un matériel conforme à votre morphologie et au type de surface sur laquelle vous jouez.
Combien de temps faut-il pour guérir d’une pubalgie ?

La durée de guérison de la pubalgie varie selon la gravité et la discipline du joueur. Une pubalgie légère prise à temps peut disparaître en deux ou trois semaines.
En revanche, une forme plus avancée nécessitera de six à huit semaines, voire plus de trois mois en cas de rechute. Quant aux cas chroniques, mal soignés ou négligés, ils peuvent durer jusqu’à six mois, voire davantage.
Cette période peut sembler longue, mais il vaut mieux ne pas la raccourcir artificiellement. Une guérison durable repose sur la régularité du travail de rééducation et non sur la précipitation. Beaucoup de joueurs professionnels témoignent de cette erreur : vouloir revenir trop tôt pour un match important et se retrouver à nouveau blessés quelques semaines plus tard.
Les spécialistes insistent sur l’importance de la progression encadrée. Même après disparition complète de la douleur, la reprise doit être progressive. On commence par le footing léger, puis le travail d’appuis, avant de retrouver les séances collectives et enfin les matchs.
Quels sont les footballeurs célèbres touchés par la pubalgie ?
La pubalgie n’épargne personne, pas même les stars du ballon rond. Paul Pogba, Olivier Giroud, Sergio Ramos, Neymar ou encore Marco Verratti ont tous souffert de cette blessure à un moment de leur carrière. Plus récemment, Nico Williams, Lamine Yamal et Mastantuono l’ont également contracté.
Certains ont mis plusieurs mois à retrouver leur meilleur niveau, d’autres ont dû adapter leur style de jeu pour ménager leur bassin. Leur expérience démontre que la pubalgie n’est pas qu’un problème de condition physique. Elle révèle un déséquilibre dans le corps qu’il faut corriger durablement.
En conclusion !
Vous l’aurez compris, la pubalgie chez les footballeurs est bien plus qu’une simple douleur à l’aine. Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, elle résulte bien de l’effort d’entraînement et de l’enchaînement des matchs. C’est une alerte du corps, un signal qui traduit un déséquilibre musculaire et une surcharge mécanique.
Elle peut anéantir une saison, compromettre une carrière et décourager les plus passionnés si elle n’est pas prise au sérieux. Heureusement, elle n’est pas une fatalité. En respectant quelques principes simples, on peut non seulement guérir, mais surtout éviter qu’elle revienne.
