Le découvert bancaire permet à des millions de Français de respirer financièrement. Selon la Banque de France, près d’un Français sur deux a été à découvert au moins une fois dans l’année 2024. Mais en 2026, une grosse réforme va bouleverser les règles du jeu. À partir du 20 novembre 2026, les facilités de caisse et découverts bancaires seront désormais considérés comme des crédits à la consommation. Plus de détails ici.
Le découvert bancaire : qu’est-ce que c’est et comment ça fonctionne ?

Avant d’évoquer 2026, il est important de rappeler comment fonctionne aujourd’hui le découvert bancaire. Cela permettra de mieux mesurer la portée des changements à venir.
Qu’est-ce qu’un découvert bancaire ?
Un découvert bancaire est une autorisation donnée par la banque et qui permet au titulaire d’un compte de dépenser plus que le solde disponible. Concrètement, deux situations coexistent.
D’un côté, on retrouve le découvert autorisé. Il est négocié à l’avance avec la banque pour un montant déterminé et une durée limitée. De l’autre, on a le découvert non autorisé quand le client dépasse cette limite ou n’a pas d’accord préalable.
Dans le premier cas, la banque facture des agios. Ce sont des intérêts calculés sur le montant et la durée du découvert. Ces taux peuvent aller de 8 % à 14 % TAEG, selon la politique de l’établissement. Dans le second cas, les choses se corsent : les frais explosent et les sanctions peuvent aller jusqu’à l’interdiction bancaire en cas de récidive.
Pourquoi le découvert bancaire suscite l’intérêt des Français ?
En période d’inflation et de hausse du coût de la vie, le découvert devient un amortisseur budgétaire. Il permet par exemple :
- de couvrir des dépenses imprévues ;
- de boucler un mois difficile ;
- ou de pallier un retard de salaire.
Selon une étude OpinionWay de 2024, près de 70 % des utilisateurs de découvert le voient comme une solution temporaire. Mais plus d’un quart d’entre eux y ont recours chaque mois. Cette dépendance au découvert explique d’ailleurs pourquoi les autorités européennes souhaitent encadrer plus strictement ce type de crédit déguisé.
Le découvert bancaire devient un crédit à la consommation en 2026
À partir du 20 novembre 2026, les règles du jeu changent complètement. Désormais, toute facilité de caisse ou tout découvert prolongé sera assimilé à un crédit à la consommation au sens du Code de la consommation.
Qu’est-ce qui explique cette réforme ?
L’objectif principal de la réforme est de renforcer la transparence et la protection du consommateur. En effet, trop de clients ignoraient encore le coût réel de leur découvert. D’autres encore le vivaient comme un service gratuit alors qu’il s’agit d’un crédit très coûteux.
Selon la Banque de France, les frais liés aux découverts ont représenté plus de 1,2 milliard d’euros en 2023. Et dans 35 % des cas, les taux appliqués dépassaient 15 %, soit bien au-delà de la plupart des prêts personnels classiques.
Qu’est-ce que cela change concrètement ?
En 2026, toute ouverture de découvert nécessitera un contrat écrit comme dans le cas d’un prêt classique :
- le TAEG devra être indiqué clairement ainsi que les frais annexes ;
- une vérification de solvabilité sera obligatoire avant chaque accord ;
- le client bénéficiera d’un droit de rétractation de 14 jours.
En d’autres termes, le découvert ne sera plus un service automatique associé au compte courant, mais un produit de crédit à part entière.
Par ailleurs, avant 2026, les établissements pouvaient accorder un découvert sans étude approfondie. À l’avenir, ils devront réaliser une analyse complète de la situation financière du client. Cela inclut notamment :
- ses revenus mensuels et leur stabilité ;
- ses charges fixes (loyer, crédits, impôts, etc.) ;
- son historique bancaire ;
- son taux d’endettement global.
Cette vérification vise à éviter le surendettement. Cependant, en regardant de près, on se rend compte qu’elle risque aussi d’exclure certains profils plus précaires comme les étudiants, les intérimaires ou encore les indépendants.
Un seuil symbolique à 200 €
Les nouvelles règles évoquées distingueront deux situations. Pour un découvert inférieur à 200 € et limité à trois mois, la procédure restera simplifiée.
Par contre, au-delà de 200 € ou d’une durée supérieure à 90 jours, la banque devra établir un contrat de crédit complet avec offre préalable et signature du client. Cette distinction vise à limiter les découverts chroniques qui deviennent de véritables crédits permanents sans encadrement.
Quelles sont les conséquences pour les particuliers ?
Comme déjà évoqué, cette réforme présentée comme protectrice aura des effets ambivalents : plus de transparence, mais aussi plus de contraintes.
Les foyers modestes ou aux revenus irréguliers risquent de voir leurs plafonds de découvert diminuer, voire disparaître. Un salarié à temps partiel ou un étudiant pourra se voir refuser une autorisation qui lui était accordée auparavant.
Les banques en ligne pourraient aussi être plus restrictives. D’ailleurs, la plupart d’entre elles exigent déjà plusieurs mois d’ancienneté et un revenu minimum pour activer un découvert.
La contrepartie, c’est que les clients sauront enfin combien leur coûte vraiment leur découvert. Les taux d’agios devront rester sous le seuil du taux d’usure, mis à jour chaque trimestre par la Banque de France (actuellement autour de 21,5 % pour les petits montants).
Les banques seront également tenues de fournir un relevé annuel récapitulatif des frais liés au découvert, une mesure saluée par les associations de consommateurs.
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Comment les banques vont-elles s’adapter ?

Le secteur bancaire se prépare déjà à la réforme. Les institutions devront revoir leurs process, leurs offres et leur communication avec les clients.
L’autorisation de découvert deviendra contractuelle
Les banques devront désormais faire signer une offre écrite conforme au Code de la consommation. Cette offre doit comprendre entre autres :
- le plafond autorisé ;
- la durée maximale ;
- le TAEG applicable ;
- les frais de dépassement ;
- et les conditions de révision ou de résiliation.
Chaque modification nécessitera une nouvelle offre écrite. Autrement dit, votre découvert ne pourra plus être modifié unilatéralement par la banque.
Un suivi plus rigoureux des clients
Les conseillers devront effectuer une réévaluation périodique de la situation des clients qui disposent d’un découvert permanent. En cas de fragilité détectée (incident de paiement, découvert prolongé), la banque sera tenue de proposer une solution alternative comme :
- un microcrédit social ;
- une réduction temporaire du plafond ;
- ou un accompagnement budgétaire.
Aussi, certaines banques réfléchissent déjà à différencier leurs offres. Les clients « premium » pourront conserver un découvert important (jusqu’à 1 500 € ou plus). Quant aux profils fragiles, ils se verront proposer des facilités limitées et encadrées sur de courtes durées.
Comment bien se préparer au découvert bancaire 2026 ?
Vous l’aurez compris, la réforme du découvert bancaire 2026 ne se prépare pas la veille. Voici quelques actions simples à mettre en place dès maintenant.
Faites un état des lieux de vos finances
Commencez par examiner votre fréquence d’utilisation du découvert. Si vous êtes « dans le rouge » plus de 10 jours par mois, c’est un signal d’alerte. Regardez vos frais d’agios : même 20 € de dépassement peuvent coûter jusqu’à 15 € de frais cumulés.
Avant la fin de l’année 2025, prenez rendez-vous avec votre banque pour vérifier votre plafond actuel, renégocier votre autorisation et stabiliser vos conditions avant la réforme. Une autorisation renégociée avant novembre 2026 pourrait rester valable plusieurs mois sans réévaluation immédiate.
Créez un coussin de sécurité
Même une épargne de 200 € sur un livret A suffit souvent à éviter les découverts récurrents. Vous pouvez aussi automatiser un virement mensuel vers un compte de secours. Cette discipline réduit la dépendance au découvert et améliore votre profil bancaire.
Aussi, comparez les offres bancaires avant la réforme. La vérité est que toutes les banques ne traiteront pas cette réforme de la même manière. Les taux d’agios varient encore de 7 % à 14 %, et les frais d’intervention peuvent aller de 4 à 8 € par opération.
Certaines banques comme le Crédit Agricole ou la Caisse d’Épargne prévoient déjà d’intégrer des simulateurs de TAEG sur leurs applications pour plus de clarté.
Banques traditionnelles vs néobanques
Les banques traditionnelles offrent une relation personnalisée et utile pour négocier un plafond ou un taux plus avantageux. Les néobanques, quant à elles, comme Boursorama, N26 ou Fortuneo privilégient la transparence : frais clairs, alertes SMS gratuites, mais moins de flexibilité sur les autorisations.
Avant fin 2025, utilisez les comparateurs en ligne comme Selectra, Panorabanques, MeilleureBanque, etc. Vérifiez :
- le TAEG appliqué au découvert ;
- le nombre de jours gratuits (certains comptes pro offrent 7 jours sans agios) ;
- et les conditions de dépassement.
Le découvert bancaire en 2026 en résumé

La réforme du découvert bancaire 2026 marque un tournant décisif dans la gestion des comptes en France. En le requalifiant en crédit à la consommation, les autorités cherchent à mieux encadrer son usage et à protéger les consommateurs contre les frais abusifs.
Mais cette protection s’accompagne de nouvelles contraintes : contrôle de solvabilité, formalités plus lourdes, plafonds revus à la baisse. Pour beaucoup, le découvert ne sera plus automatique. La meilleure stratégie consiste à anticiper.
Prenez rendez-vous avec votre conseiller, analysez vos besoins, renégociez vos conditions et mettez en place une petite épargne tampon. De cette façon, quand la réforme entrera en vigueur en novembre 2026, vous serez prêt et votre budget, mieux protégé.
Foire Aux Questions – Découvert bancaire 2026
Voici des réponses courtes aux questions que vous vous posez encore sur la réforme du découvert bancaire en 2026.
Mon découvert actuel sera-t-il supprimé ?
Pas forcément, mais il sera réévalué selon vos revenus et votre historique avant fin 2026.
Quels documents ma banque peut-elle exiger ?
Relevés, justificatifs de revenu, avis d’imposition et parfois une attestation de non-endettement.
Le découvert devient-il payant ?
Il l’était déjà : la différence est que le TAEG devra être affiché et plafonné par la loi.
Puis-je refuser le contrat proposé ?
Oui, mais la banque pourra réduire vos moyens de paiement.
Les frais vont-ils augmenter ?
Probablement pas à court terme ; la réforme vise plutôt à les rendre plus transparents.
Et si je dépasse mon découvert ?
Ce sera traité comme un crédit non conforme, avec frais et signalement possibles.
Les étudiants seront-ils pénalisés ?
Oui, surtout ceux sans revenus fixes. Le plafond sera souvent réduit à 100-200 €.
Les comptes pros sont-ils concernés ?
Non, uniquement les comptes de particuliers.
Quels sont les taux moyens actuels ?
Environ 8-14 % pour un découvert autorisé et jusqu’à 18-20 % pour un dépassement.
Quelles alternatives existent ?
Les microcrédits sociaux, prêts express, avances sur salaire ou épargne de précaution.
